traititre4   sylvette béraud-williams

Ethnologue "gardienne de mémoire".  St-Maurice en Chalancon  07190



    
sylvette béraud-williams

Photo et texte :  daniel chambonnet
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« J'ai toujours aimé écrire… »  me dit en préambule Sylvette Béraud-Williams, pour tenter d'expliquer son itinéraire artistique.

Le sens d'une vie part de ses  racines et de la relation à la terre où l'on a passé toute son enfance. Dans les années soixante, ici (St-Michel-de-Chabrillanoux), comme ailleurs, les habitants du village qui exprimaient leur choix de « rester à la ferme » étaient vite considérés comme des incapables d'adaptation. Il fallait suivre le progrès et se débarrasser vite de ces habitudes rurales dépassées.

A la suite d'un « déclic » lors d'une recherche universitaire sur « la tradition orale dans les Cévennes », Sylvette a commencé un lent travail d'ethnologue: écouter, enquêter, fixer, avant qu'elles ne disparaissent à jamais, ces traditions, ces histoires, ces chants des ouvrières de la fabrique de soie, ces bals, ces noces. Un engagement dans la durée pour collecter, sauvegarder la substance d'une culture ardéchoise sur le point de disparaître, et pourtant si nécessaire pour tracer sa route personnelle, retrouver des repères familiaux.
  
Après plus de 20 ans de quête solitaire et de complicités avec des photographes, la base de données est devenue conséquente. L'écrivain peut alors mettre ses compétences au service de communes, d'associations et d'organismes soucieux de la valorisation du patrimoine. Des livres représentant l'essentiel de cette recherche ont vu le jour. Parmi les derniers publiés, « La Mémoire retrouvée »: à partir d'une série de photos sur plaques de verre que Sylvette a interrogée, elle a pu reconstituer la  vie d'une famille, celle du photographe Charles Champ. Dans ce cas, la part de l'imaginaire s'est avérée assez  importante.

« Mon écriture s'épanouit de la mémoire collective, et ma satisfaction actuelle est de voir des artistes puiser dans mes travaux et publications pour nourrir leur propre création musicale ou théâtrale. »

Dans ses nouvelles pistes d'investigations, Sylvette me révèle ses envies plus personnelles d'inventorier maintenant d'autres secrets: ceux des jardiniers ou ceux  des constructeurs de ponts comme l'était son père. Mon humble voisine pourra une  nouvelle fois exprimer sa facon si particulière de « coller » aux documents et d'écrire avec art tout ce qui peut se lire dans une photo.

Son mari,  Malcolm Williams, artiste lui aussi,  mais dans le chant choral, lui a été d'un grand soutien dans cette trajectoire de vie pour ne perdre ni son àme, ni celle  des siens et ainsi SAUVEGARDER LES RICHES MÉMOIRES DE NOS RACINES.

St-Maurice, 27 septembre 2009

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